Mass média : la presse écrite, moteur de la Francophonie |
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Quotidiens, hebdomadaires ou mensuels, ce sont près de 2.000 journaux de langue française qui sont publiés à travers les 5 continents !
"La langue est un lien remarquable de parenté qui dépasse en force le lien de l'idéologie (...). La langue française constitue l'appoint à notre patrimoine culturel, enrichit notre pensée ; exprime notre action, contribue à forger notre destin intellectuel et à faire de nous des hommes à part entière ".
Lorsque Habib Bourguiba, le premier chef de l'État tunisien, déclarait cela devant l'Assemblée nationale du Niger, en décembre 1965, ne soulignait-il pas du même coup la force de la langue écrite dans l'expression francophone ? L'analyse reste d'actualité. Aujourd'hui encore, la presse écrite demeure -avec le livre-
le meilleur support des valeurs incarnées par la Francophonie.
Elle en est même le moteur dans un monde où l'accès à l'information est particulièrement inégal d'un continent à l'autre, même si les coûts de réalisation des journaux sont accessibles aux économies fragiles.
Irriguée par des milliers de titres
Dès lors, la presse écrite de langue française reste l'instrument le plus performant pour faire connaître les forces économiques des pays francophones et la façon francophone de concevoir les relations sociales, les rapports entre les États.
Chaque jour, dans les pages du Trait d'union de Pondichéry en Inde, du Nouvelliste d'Haïti, de L'Orient-Le Jour au Liban, ou encore du Sahel à Niamey au Niger, est promue la diversité linguistique et culturelle, celle-là même qui vise à prévenir les risques de dérive que peut engendre la mondialisation. Dans les milliers de titres de langue française publiés à travers le monde, des articles plaident pour que cette mondialisation ne devienne pas une source d'aggravation des inégalités et de négation des identités, mais qu'elle soit, au contraire, un facteur de développement et de dialogue des cultures.
Des intentions qui s'appliquent aux échanges économiques même si, reconnaît, dans une tribune, Henri Guaino, l'ancien commissaire au Plan, "le monde francophone a peu développé le potentiel économique de la francophonie. Or la proximité linguistique est un atout dans les opérations de rapprochement, d'alliances et de fusion".
La Francophonie "de terrain"
Tandis que vient de se créer la Fédération internationale des banques et institutions financières de la francophonie aux côtés du Forum francophone des affaires, l'Association des régions francophones regroupe désormais 80 régions à travers les 5 continents, forcément proches des préoccupations des populations. Là encore, ce sont les journaux qui, par les informations qu'ils publient, sont les moteurs de cette Francophonie "de terrain". La presse francophone représente aussi un espace de culture. Dans L'Orient-Le Jour publié à Beyrouth au Liban, l'écrivain Tahar Ben Jelloun explique dans un article son amour de la langue française et observer que "la Francophonie est un aventure où il faut viser des horizons lointains. Tant qu'elle s'en tient au discours politique (forcément langue de bois), tant qu'elle se réduit à une stratégie d'influence dans le monde, elle rate l'essentiel".
Ainsi au fil des pages de la presse francophone, lue aussi bien au fin fond d'une petite cité africaine que dans une tour d'une métropole canadienne, c'est bien le souffle de la Francophonie qui décoiffe. Aujourd'hui toujours et encore, la presse écrite de langue française est une chance pour la francophonie, un formidable moteur pour son avenir.
Source: Le Courrier du Vietnam |