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Présentation de l'éditeur
Sœur Emmanuelle aura cent ans en novembre prochain.
Elle a accepté de donner, à cette occasion, un message tirant les leçons du siècle qu'elle a vécu, contant sa vie de foi, les difficultés qu'elle a rencontrées et l'espérance qui l'anime.
Elle a gardé la même énergie, le même goût de vivre et, alors qu'elle s'apprête à fêter un anniversaire d'exception, parle plus librement que jamais et révèle des choses qu'elle n'a jamais dites.
Des confidences parfois savoureuses, souvent étonnantes et toujours émouvantes.
Sous la forme d'une longue interview donnée à Annabelle Cayrol et Jacques Duquesne, Sœur Emmanuelle aborde, sans aucun tabou, les sujets les plus personnels et les plus saisissants.
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Le Québec au chevet du français en Asie |
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Avec des élans dignes de Céline Dion, la jeune Mali Vilavan a livré une vibrante interprétation du succès de la diva québécoise Pour que tu m’aimes encore lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence de Vientiane, à la fin novembre. Devant le gotha de la Francophonie mondiale, le gouvernement laotien ne pouvait rêver d’un meilleur symbole.
Mais comme chacun sait, les chansons évoquent plus souvent les rêves que la réalité. Et la réalité de la langue de Molière dans cet ancien protectorat français du Sud-Est asiatique, membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1991, se trouvait bien plus, ce jour-là, dans le discours exclusivement en lao du président Choummaly Sayasone et dans le texte péniblement lu par son ministre des Affaires étrangères.
Le français dans l’affichage bilingue des organismes publics et des noms de rue de la capitale ne parvient pas à faire oublier que comme les pachydermes au «royaume du million d’éléphants» — il n’en reste que 2000 —, cette langue est en régression au Laos, soit depuis que les communistes ont mis fin il y a 30 ans à son enseignement obligatoire à tous les échelons. On ne compte plus que 60 000 francophones, soit 0,1% de la population.
Dans toute cette région du monde où on dit souvent que ce sont les «gens aux cheveux gris» qui parlent français, l’anglais poursuit sa marche implacable, talonné maintenant par le chinois, en pleine montée. L’anglais est aussi la langue de travail de l’ASEAN, le Commonwealth des pays d’Asie du Sud-Est. Si bien qu’aujourd’hui, il est beaucoup plus facile dans les principales villes que sont la capitale, Vientiane, Luang Prabang, Paksé et Savannakhet de trouver dans les hôtels et commerces un employé qui se débrouille en anglais autant qu’en français. Ceux qui parlent chinois peuvent s’attendre à trouver du travail plus facilement, «presque à égalité avec l’anglais», reconnaît Yong Chanthalangsy, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Laos.
C’est donc à un très grand défi que s’attaque le gouvernement laotien, qui s’est engagé à faire du français la première langue seconde devant ses partenaires de l’OIF réunis à l’occasion d’une conférence ministérielle, à la fin novembre, à Vientiane.
Pour le relever, il faudra bien plus que des émules de Céline Dion, mais chose certaine, le Québec est mis à contribution. Parce que le gouvernement laotien compte sur son aide avec le programme de l’OIF Valofrase (Valorisation du français en Asie du Sud-Est), dont le Québec, la France et la Belgique sont les partenaires financiers. Le programme de trois ans, destiné au Laos, au Viêtnam et au Cambodge, a débuté il y a un an avec la formation de 26 formateurs d’enseignants. Québec déléguera en outre au Laos un coopérant pour aider pendant un an à la mise en œuvre du projet.
C’est un enjeu aussi pour l’OIF : combien de temps encore ses ténors pourront-ils clamer que le français demeure la seule langue avec l’anglais qui est parlée sur les cinq continents? «Nous investissons en programmes et en moyens financiers beaucoup plus que dans les années passées, mais dans la conscience que cette zone est enclavée et vit une situation difficile de par son enclavement et de par les progrès de l’anglais, qu’on constate partout», insiste Ousmane Paye, bras droit du secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf.
Dans ce contexte, le vice-ministre laotien de l’Éducation, LyTou Bouapao, ne fait pas de cachette de son meilleur argument de vente du français. «Ceux qui maîtrisent le français peuvent apprendre plus facilement l’anglais et d’autres langues», lance le haut fonctionnaire, qui a fait sa maîtrise en géographie à Sherbrooke, il y a 16 ans, grâce à une bourse de la Francophonie.
Chose certaine, dit son collègue Chanthalangsy, les réticences des jeunes à apprendre le français n’ont rien à voir avec le passé colonial. «Le Laos a fait la paix avec son histoire», dit ce haut fonctionnaire qui a fait ses études universitaires à Paris à la fin des années 70, à l’époque où il n’avait pas encore… les cheveux gris.
Source: Martin Pelchat Le Soleil Vientiane, Laos |
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