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20-08-2008      
 

La crise alimentaire s'invite au Sommet de Québec

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L’actualité vient bousculer les préparatifs du sommet d’octobre prochain à Québec. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, et le premier ministre canadien, Stephen Harper, ont en effet convenu cette semaine d’y faire une bonne place au dossier de la crise alimentaire mondiale.

Ce thème n’était pas parmi les quatre enjeux retenus en vue du Sommet de la Francophonie, mais qu’à cela ne tienne. «On ne peut sûrement pas avoir un Sommet de la Francophonie avec des chefs d’État et de gouvernement de pays du Nord et de pays du Sud autour d’une table sans évoquer ce problème», soulignait hier soir en entrevue au Soleil M. Diouf, qui a fait le point mercredi avec M. Harper sur l’organisation de l’événement.

«La Francophonie est composée quand même de pays du Nord qui ont des moyens, et moi, je pense qu’il faudra arriver à une solution où les pays du Nord augmenteront leur contribution pour aider les pays du Sud touchés par ces problèmes alimentaires à faire face à cette question», estime le secrétaire général de l’OIF. «C’est une action générale de mobilisation qu’il s’agit de mener et ça, c’est tout à fait dans le génie de la Francophonie.»

Un tournant dans l’histoire.

Le Sommet, le 12e du club francophone, marquera un tournant en ce sens que, pour la première fois, les 68 chefs invités ne débattront pas d’un seul thème mais de plusieurs. En plus de la langue française, de la gouvernance économique et de l’enjeu «démocratie, État de droit et droits de l’homme», on y traitera d’environnement, surtout sous l’angle de l’eau et du reboisement, a précisé M. Diouf.

Même s’il n’est pas question, comme le souhaitait la France — au grand dam du gouvernement Harper — de faire un enjeu précis des changements climatiques, M. Diouf est convaincu que les participants ne manqueront pas d’évoquer cette question. «Ce qu’il y a, c’est que même le reboisement et l’eau sont envisagés sous l’angle des conséquences du réchauffement climatique dans ces deux domaines», note-t-il. Mais «ce n’est pas au niveau du Sommet de la Francophonie qu’on pourra dire : “Voilà le nouveau Protocole de Kyoto qu’on va mettre en place, voici les échéances, les mesures pratiques à prendre”», avertit M. Diouf, estimant que le problème des changements climatiques doit être discuté dans les «enceintes appropriées», comme le G8.

Déficit d’image.

Au moment où la Francophonie fait face à un déficit d’image, Abdou Diouf défend par ailleurs la réforme qu’il a entreprise en 2003 de l’OIF. Au cours des derniers mois, les critiques ont été nombreuses. Le maire hôte du Sommet de Québec, Régis Labeaume, la décrivait il y a quelques mois comme une structure «inerte et qui ne se renouvelle pas». En France, un rapport de la Cour des comptes a fait état de plusieurs irrégularités dans la gestion d’un des bras de l’OIF. L’onde de choc a été ressentie en Afrique. La ministre québécoise des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, qui s’y rendra dans quelques jours, a cru bon, pour tenter de calmer le jeu, de faire paraître dans un quotidien sénégalais une lettre réitérant sa confiance dans les réformes engagées par M. Diouf et l’administrateur — québécois — de l’OIF, Clément Duhaime.

L’OIF «est tout sauf une organisation bureaucratique», insiste en entrevue M. Diouf. «Quand je suis venu en Francophonie, poursuit-il, j’ai dit une chose et cette chose, je l’applique depuis que je suis là. J’ai dit (…) : “Je veux que chaque euro, chaque dollar canadien, chaque franc suisse dépensé produise l’efficacité maximale.” Mais c’est le début d’un effort. On ne change pas les choses du jour au lendemain. C’est un effort colossal.»

Le secrétaire général rappelle qu’il a fait le ménage dans les structures en fusionnant les deux institutions distinctes qui formaient ce qui constitue aujourd’hui l’OIF. Mais il note qu’il reste encore des traces des cultures organisationnelles du passé. «C’est un état d’esprit nouveau qu’il faut créer et je me bats pour ça. M. Duhaime se bat pour ça. Mais vous ne pouvez pas changer les habitudes des gens du jour au lendemain, leur état d’esprit. Cela viendra, parce que nous avons la volonté de le faire. (…) Il faut donner du temps au temps.» D’ici la fin de son dernier mandat, en 2010, M. Diouf veut s’assurer que la réforme soit «vraiment ancrée».

Et afin de changer certaines perceptions, le secrétaire général tient par ailleurs à ce que le Sommet de Québec aboutisse à «une déclaration claire, précise, concise, avec des objectifs clairs».

Source: cyberpresse
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