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20-08-2008      
 

La Francophonie incarne un réseau de solidarité

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Plus qu’une langue, la francophonie incarne un réseau de solidarité culturelle et humaine

L’Institut de sciences politiques de l’Université Saint-Joseph (ISP) a organisé hier 22 mai à Beyrouth un débat sur « La géopolitique de la francophonie », animé par Olivier Garro, directeur du Bureau Moyen-Orient de l’AUF (Agence universitaire de la francophonie). Durant cette conférence, M. Garro a insisté sur l’importance du « réseau » francophone, non seulement pour l’acquisition des connaissances et l’enrichissement des formations universitaires, mais aussi pour des échanges culturels et la création d’une dynamique de solidarité et de soutien entre les différents acteurs francophones.

Néanmoins, le conférencier n’a pas omis d’attirer l’attention sur les enjeux auxquels est confrontée aujourd’hui la francophonie face à une mondialisation à plusieurs vitesses et aux effets irréversibles.

Devant une cinquantaine d’étudiants en sciences politiques et plusieurs responsables de l’USJ, le conférencier a fait le point sur l’état actuel de la francophonie dans le monde, en général, et dans les pays arabes, notamment au Liban. Aujourd’hui, 55 pays de cultures hétérogènes, dispersés sur les cinq continents, appartiennent à la famille francophone, dont trois sont considérés comme « institutionnellement francophones », à savoir Djibouti, l’Égypte et le Liban.

Pour M. Garro, la géographie est l’un des aspects les moins caractéristiques de la francophonie. Dans son exposé, il a décrit le mécanisme qui régit les activités francophones dans le monde. Ce dernier opère sur deux axes : l’un au niveau politique, l’autre au plan de la coopération. Cet appareil fonctionne à six niveaux de manière hiérarchique : un sommet qui réunit les chefs d’État et de gouvernements ; une conférence ministérielle composée de ministres des Affaires étrangères et/ou de la Francophonie ; un conseil permanent qui réunit les représentants personnels des chefs d’État ; l’OIF (l’Organisation internationale de la francophonie) ; des opérateurs, dont l’AUF, et certains partenaires spécialisés. L’ensemble de cet appareil assume quatre missions principales, à savoir : la promotion de la langue française et de la diversité aussi bien culturelle que linguistique ; la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme ; l’appui à l’éducation ; et le développement durable et solidaire.

Évoquant ensuite les enjeux actuels de la francophonie, M. Garro a estimé que la mondialisation, dans ses aspects économique et scientifique, constitue un défi majeur à la francophonie. « Tout en ayant aboli des frontières, la mondialisation a, en même temps, contribué à ériger des murs. Cela s’est traduit par une montée du radicalisme, du nationalisme et de l’extrémisme », a-t-il indiqué.

« Face à la mondialisation, la francophonie s’est définie un autre territoire sous la forme d’un réseau actif, transversal, aux appartenances ethniques, confessionnelles et nationales multiples. Ce réseau relie les individus sur base notamment de valeurs différentes de celles qui sont prônées par la mondialisation. ».

À ce propos, M. Garro insiste sur l’importance des valeurs francophones, telles que l’échange et la diversité culturelle.

L’importance du réseau se révèle également au niveau de la création d’un mouvement de solidarité entre les pays francophones, et des actions de soutien et de partenariat entre des universités francophones du Nord et du Sud, une des missions principales de l’AUF.

La francophonie est-elle en régression ? C’est sur cette interrogation que s’est arrêté le conférencier qui a lancé le débat avec le jeune public universitaire. Selon lui, si la langue française a perdu du terrain face à l’anglais, cela ne veut pas dire pour autant que la francophonie est en recul. Car celle-ci ne se définit pas par la simple langue usitée, mais plutôt par un système culturel global et un espace géopolitique propre à elle.

Certes, reconnaît M. Garro, le concept de la francophonie ne recueille pas l’adhésion de tous les partenaires de l’espace francophone. Cela s’explique notamment par les perceptions post-colonialistes qui persistent dans certains pays et par les « attitudes élitistes affichées par les universités et les filières francophones, voire même la réticence de toute une jeunesse – au sein même de la France – à adhérer à ce phénomène et à recourir à la langue française ».

Source: lorient-lejour
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